HISTOIRE 1)ES PAPES.
[1780. J
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Le comte Louis devint à son tour le mignon du saint-père,et partagea ses infâmes caresses avec sa propre mère, sonfrère et une jeune fille, dona Gonstanza, d’une ravissantebeauté, le fruit de l’adultère de Pie YI, quand il n’était quecardinal, et de la comtesse Falconieri.
Abomination et sacrilège ! ! ! Sa Sainteté renchérit encoresur les débordements de l’exécrable Roderic Borgia , et donnaau monde l’exemple d’un pape incestueux avec sa sœur,incestueux avec sa fille, unissant solennellement sa fille à songendre, son fils à sa bru, et son mignon à sa maîtresse ! ! !
En mémoire de cet événement, le pape combla son neveu denouvelles faveurs. Indépendamment du nouveau titre de ducde Braschi, qu’il lui avait conféré peu de temps auparavant,il lui donna une cassette précieuse, qui contenait dix milledoublons d’or, des rosaires, des diamants d’un prix ines-timable, une collection de médailles enrichies de pierreries,des terres, des domaines, des palais, quelques-uns des grandsbiens que les jésuites possédaient à Tivoli, et la magnifiqueargenterie qu’on avait confisquée à ces religieux. Le nouveaucouple reçut en outre des cardinaux, des princes romains,de la noblesse, des prélats, des évêques, des fermiers de lachambre apostolique et des officiers de toutes les classes, desprésents considérables et en si grande abondance qu’on enremplit plusieurs salles du Vatican .
Il semblait à la joie vaniteuse que manifestait le souverainpontife à la vue de ces présents, qu’il se fût porté une sortede défi de mettre toute la chrétienté à contribution pour sesbâtards. Il ne se contenta pas des offrandes des Romains, ilvoulut encore exploiter les rois catholiques dans l’intérêt du