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HISTOIRE DES PAPES.
[ 1782 .]
manda pardon à la Vierge de lui avoir fait des empruntsforcés pour les marais Pontins ; à Césène, sa ville natale, ilse donna en spectacle dans un grand dîner avec tous ses pa-rents et s’enivra outre mesure ; à Imola , il traita égalementles ambassadeurs du roi de Sardaigne et du duc de Parmeet renouvela le même scandale. Enfin, il entra dans les étatsde Venise , monta sur le Bucentaure, qui l’attendait à sasortie de Ferrare.et descendit jusqu’à l’île de Chiozza, oùil fut complimenté par les prélats vénitiens , par le dogeet par le sénat, que représentaient les deux procurateurs deSaint-Marc. Néanmoins il ne voulut pas visiter la reine del’Adriatique, et laissant Venise à sa droite, il atteignit lescanaux des lagunes, et débarqua à Malagherra. De cetteville, il se rendit à Trévise , traversa la Piave sur un pont bâtiexprès pour lui, s’arrêta un instant à Udine , la dernièreville de la république, et entra sur les terres de l’Autriche .
A Goritz, il trouva le nonce Garampi, le comte Cobentzel,vice-chancelier de l’empereur, un escadron de la gardenoble, et plusieurs seigneurs qui l’attendaient pour le con-duire jusqu’à Vienne. A Laybach, en Carniole , l’archi-duchesse Marie-Anne, sœur de Joseph U, vint à sa ren-contre, et, à la grande édification des fidèles, lui baisa lespieds. A Gratz , il marcha pendant une heure entière entredeux haies de spectateurs qui, malgré les gardes, rompaientl’ordre de la marche pour toucher ses vêtements sacrés. ANeunkirchen , il trouva l’empereur et son frère l’archiducMaximilien qui l’attendaient au milieu d’une brillante escortede seigneurs et de dames. Le pontife descendit de voiture dèsqu’il eut aperçu les deux princes, et fit quelques pas en avant