[1789.]
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dressèrent au parlement pour obtenir qu’un ancien décretportant la peine de mort contre les auteurs, les imprimeurset les distributeurs des livres hostiles à la religion reçût sarigoureuse exécution. « 11 faut punir avec le glaive du bour-» reau, disaient les fougueux prélats, les crimes de la presse.
» Les philosophes qui écrivent contre l’Église sont plus cou-» pables que les régicides, car ils s’attaquent à Dieu et non» à un homme. Nous réclamons donc pour eux le même» supplice; nous voulons aussi qu’on leur brûle la main
» droite! ! !. » Louis XVI , honte sur lui ! s’associa à cette
odieuse persécution contre les écrivains. Il fit menacer larépublique de Genève de sa colère si elle continuait à impri-mer des ouvrages irréligieux. A Paris et dans les provincesil sévit contre les libraires et les imprimeurs, à défaut desauteurs, qui évitaient le châtiment par la fuite.
Mais rien ne put arrêter l’essor des doctrines philoso-phiques; la phalange, au lieu de diminuer, devint de jouren jour plus nombreuse et plus entreprenante. Beaumar-chais, Diderot, d’Alembert, Condorcet , Bailly, Thomas,Vicq-d’Azir, Marmontel , Chamfort et une multitude d’autresécrivains, continuèrent l’œuvre commencée par Voltaire pourla régénération des peuples et pour l’émancipation intellec-tuelle du genre humain. Ils consacrèrent tout leur temps,toute leur fortune à écrire et à répandre des ouvrages où ilsproclamaient des maximes d’indépendance ; ils firent prendreen exécration l’ultramontanisme et l’absolutisme ; ils habi-tuèrent les Français à regarder l’insurrection comme le plussaint des devoirs, et soulevèrent la nation contre les deuxordres du clergé et de la noblesse.