[1792.)
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à l’instigation de la cour de Rome, abusèrent indignementde cette tolérance pour conspirer contre le nouvel ordrede choses ; ils insinuèrent aux dévotes que tous les sacre-ments administrés par les curés et les évêques constitution-nels étaient essentiellement nuis ; ils rebaptisèrent les enfants,remarièrent les adultes, et osèrent annoncer en pleine chaireque hors de leur communion il n’y avait que concubinage,illégitimité et damnation. Une agitation dangereuse, suitede ces insinuations, se manifesta dans tous les départementsde la France , et réagit contre l’œuvre révolutionnaire. Heu-reusement l’Assemblée législative , qui avait succédé à laconstituante, prit des mesures pour arrêter les progrès dumal ; elle supprima les traitements et les pensions que l’étatpayait encore aux réfractaires, décréta la liberté des cultes,l’émancipation de tous les ordres monastiques, le mariagedes prêtres; et sur la proposition de l’archevêque Torné,elle prohiba tous les costumes religieux.
Louis XVI voulut couvrir le clergé de son autorité défail-lante, et usa du droit que lui concédait la constitution derepousser une loi, selon les caprices de sa volonté, par unsimple veto. Les ecclésiastiques en reprirent une morgue etune insolence qui leur devinrent fatales : ils osèrent annoncerpubliquement qu’une vaste fédération s’organisait par lessoins du pape, et que bientôt toutes les puissances catholi-ques, réunies par sa Sainteté, fondraient à la fois sur la France pour étouffer l’hydre philosophique dans une mer de sang.
L’audace du clergé, l’imminence du danger, força enfinl’Assemblée législative à sévir contre les prêtres rebelles. Il
fut enjoint à tous les ecclésiastiques, sans exception, de prê-ix. 57
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