Band 
IX.
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HISTOIRE DES PAPES

[1797.]

qu’il amusait les commissaires républicains pour attendrel’arrivée des Autrichiens, et qu’aussitôt la jonction de sestroupes aux siennes, il remplacerait la tiare des papes parle casque des césars, déploierait le fameux labarum de Con-stantin , et marcherait à la tête des soldats pour combattrel’orgueilleux Corse et ses brigands.

Cette lettre tomba malencontreusement entre les mains deBonaparte; aussitôt l’armistice fut rompu, l’armée française entra sur le territoire de l’Église, et en quinze jours fit laconquête de la moitié des états du pape. On espérait quel’inlâme Pie VI allait enfin recevoir la juste punition de sesfourberies et de ses crimes. Il n’en fut pas ainsi : soit queBonaparte voulût profiter de cette occasion pour essayer derésister au Directoire , qui lui avait ordonné de s’emparer deBorne, soit qu’il jugeât utile à de profonds et secrets des-seins l’existence de l’autorité religieuse, il s’arrêta dans samarche, et proposa une négociation qui fut acceptée avecempressement. Sa Sainteté envoya auprès du général répu-blicain, en qualité de plénipotentiaires, son neveu le duc deBraschi, le marquis Camille Massini, le cardinal Mattéi etinonsignor Galoppi, munis de pleins pouvoirs pour traiterde la paix. Il fut arrêté entre eux et le général en chef del’armée d’Italie , que le saint-siège payerait trente et un mil-lions à la République , ferait une pension a la famille du mal-heureux Basseville, assassiné à Rome ; abandonnerait pourtoujours à la France Avignon, Bologne, Ferrare et Ravenne ,et recevrait une garnison française à Ancône. Cet arrange-ment signé, Bonaparte se dirigea aussitôt vers le Tyrol, lais-sant quinze mille hommes sous le commandertient du général