[1797.]
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ment cet asile inviolable en un champ de carnage. JosephBonaparte , le général Duphot et les officiers de l’ambassades’élancent aussitôt pour arrêter ces massacres. A leur aspect,la rage des sbires semble redoubler, et le chef qui dirigeaitcette boucherie crie à haute voix : « Tue, tue, ce sont des» Français ! » Au même instant, le général Duphot tombefrappé à mort d’un coup de feu ; le commissaire et les offi-ciers n’échappent au même sort qu’en se retranchant dansl’escalier du palais. Enfin les ambassadeurs des puissancesétrangères, avertis par un exprès, accourent avec leurs suites,et viennent à temps pour dégager les représentants de la Ré-publique , et empêcher de nouveaux assassinats.
Le chevalier d’Azara, au nom du corps diplomatique, serendit immédiatement au Vatican , pour adresser d’énergi-ques remontrances au pape sur l’atrocité de sa conduite;mais l’infâme Pie VI simula une extrême surprise, jura surle Christ qu’il n’avait donné aucun ordre ; il osa même direqu’il ignorait absolument tout ce qui s’était passé dans laville, attendu que depuis plusieurs heures il était renfermédans son oratoire, occupé à prier Dieu pour la République .Joseph Bonaparte , indigné d’un tel excès d’impudence etd’hypocrisie, fit signifier qu’il allait quitter Rome, s’il n’ob-tenait sur-le-champ justice du meurtre du général Duphot.Quatorze heures s’écoulèrent sans qu’aucun officier ecclé-siastique se présentât au nom de sa Sainteté pour annoncerqu’elle consentait à informer contre les coupables. Alorsl’ambassadeur exécuta sa menace et partit pour Florence.
Ce n’était pas à Rome seulement que le pontife avait orga-nisé des massacres contre les Français et leurs partisans;ix. 59