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[XVIII. s.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 13

mit l’empire à deux doigts de sa perte. Pour comble de mal-heur, aux désastres de l’invasion étrangère vint se joindrel’insurrection du Brabant, et enfin la révolution française, quimenaçait tous les trônes absolus de l’Europe .

Joseph II essaya alors de se rattacher au clergé pour sou-tenir son empire chancelant; il s’adressa au pape et réclamason assistance pour faire rentrer sous sa domination lespeuples qui s’étaient affranchis ; mais ce fut encore inutile-ment; les Pays-Bas restèrent libres, malgré les brefs impé-rieux de Pie VI . Toutes ces déceptions réunies à des chagrinsde famille, et surtout la mort d’Élisabeth de Wurtemberg ,sa sœur, pour laquelle il avait conçu une violente passion,achevèrent de le plonger dans une noire mélancolie qui leconduisit au tombeau le 20 février 1790.

Les derniers instants de cet empereur furent solennels;lorsqu’il sentit que la vie allait le quitter, il demanda à êtrerevêtu de son grand uniforme et de ses ordres; puis, ayantdonné l’ordre qu’on fît-entrer les princes, les généraux et lesgrands officiers de l’état, il leur fit cet adieu : « Je ne regrette» point le trône, car je reconnais la vanité des choses de ce» monde. Un seul souvenir pèse sur mon cœur ; c’est d’avoir» acquis la preuve qu’après toutes les peines que je me suis» données, j’ai fait peu d’heureux et beaucoup d’infortunés;

» que Dieu me pardonne. Je veux qu’on mette sur ma

» tombe cette épitaphe ; Ci-gît Joseph II , qui fut malheureuxwdans toutes ses entreprises. »

Comme l’empereur n’avait point laissé d’enfants, son frèreLéopold, grand-duc de Toscane , lui succéda dans les états

héréditaires d’Autriche. A l’exemple de Joseph II , il s’étaitx. 3