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24 HISTOIRE DES PAPES. [XVIII. S.]

d’Orléans prenait à son lieu et place le rang et le litre depremier prince du sang.

Ce qu’il y eut de singulier à la mort du duc de Berry,ce fut de voir Louis XIV se rapprocher de son neveu, commesi la terreur eût comprimé le ressentiment dans l’Ame timoréedu roi, et comme s’il eût craint de mécontenter un homme quisavait aussi bien que Philippe se défaire de ses ennemis.Toutefois sa haine n’en était pas moins réelle et violente,ainsi qu’il parut après sa mort, quand on ouvrit son testament.Le vieux despote, prétendant imposer ses volontés jusqu’audelà du tombeau, avait renversé toutes les lois de la monar-chie en faveur de ses bâtards légitimés, et avait éloigné lesd’Orléans de la régence, ne laissant au chef de celte familleque la simple présidence du conseil. Mais le rusé Philippene s’était jamais fait illusion sur les sentiments de Louis XIV à son égard; et dans la prévision de ce qui devait arriver, ilavait pris ses mesures.

Dès que le monarque eut fermé les yeux, il convoqua leparlement pour ouvrir le testament du feu roi ; il eut soinde s’y présenter avec un grand nombre d’ofticiers déguiséset armés sous leurs vêtements ; de plus il fit entourer le palaisde justice par les gardes françaises et suisses, qui lui étaientdévouées, afin d’appuyer au besoin par la force l’exécutiondu plan qu’il avait machiné. Après avoir écouté la lecturedu testament, il prit la parole, prononça un discours extrê-mement habile et préparé à l’avance pour la circonstance;il se plaignit en termes mesurés des dispositions du feu roi,remontra à l’assemblée quelle avait le droit de casser le tes-tament de Louis XI V, ainsi qu’elle avait fait de celui de