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[XVlll.S.] CRIMES DES ROIS, DES REINES ET DES EMPEREURS. 25

Louis XIII ; qu’elle pouvait nommer un régent du royaume,et intervenir dans les actes du futur gouvernement.

Parmi les magistrats, bon nombre s’étaient déjà vendus àDubois, quelques-uns se trouvaient intimidés par la présencedes satellites de Philippe; tous étaient flattés de laire acted’autorité suprême dans une circonstance aussi solennelle.Le parlement applaudit au discours du prince, et renditimmédiatement un arrêt qui annulait les dispositions deLouisXIV. Le duc d’Orléans lut proclamé régent de France ,avec l’autorisation de composer son conseil ainsi qu il le ju-gerait convenable; on lui déféra le commandement en chefdes troupes de la maison du roi, des autres forces militaires,et on lui accorda l’administration des finances de l’Ëtat.

Le duc du Maine eut seulement la surintendance de l’édu-cation du jeune Louis XV , qui atteignait alors cinq ans etdemi. Par réciprocité de bons procédés, Philippe accordaau parlement le droit de remontrances et d’enregistrementdes édits, prérogatives qui avaient été singulièrement res-treintes sous le règne précédent. Le lendemain de cettecomédie, Louis XV , en jaquette, tint un lit de justice, danslequel les dispositions prises par le parlement furent con-firmées, et l’infâme duc d’Orléans déclaré maître absolu duroyaume. Aussitôt les courtisans, ceux-là qui s’etaientmontrés les plus hostiles au prince, rampèrent à ses pieds;et les mêmes seigneurs qui l’avaient poursuivi trois ansauparavant connue assassin et empoisonneur, le recondui-sirent en triomphe dans son palais.

Tout, en un instant, changea de face à la cour; l’on parutavoir pris pour règle d’agir au rebours de ce qu’on avait dit