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[XVIII. s.] GRIMES des ROIS, DES REINES et des EMPEREURS. 49

jetèrent plus que jamais dans le parti de l’opposition, etintriguèrent sourdement avec le ministre d’Espagne pouraccélérer la chute de leur ennemi. La duchesse du Mainese mit à la tête du complot avec le prince Cellamare , am-bassadeur de Philippe Y à la cour de France. 11 lut con-venu entre les différents conjurés qu’une armée espagnole franchirait les Pyrénées pour envahir le Languedoc , dontle duc du Maine était gouverneur, en même temps qu’uneflotte viendrait croiser sur les côtes de Bretagne , pour se-conder les soulèvements des populations et propager la ré-bellion dans les provinces du Midi et de l'Ouest. En échangede son intervention, Philippe V demandait que la régence luifût déférée nominativement, et que tous les actes de renon-ciation à la couronne de France , signés par lui, lussent an-nulés. Il consentait, à cette condition, à laisser au duc duMaine l'exercice de l’autorité, comme régent en son lieu etplace; promettait de réinstaller les princes légitimés danstoutes leurs prérogatives, et s’engageait à faire donner toutesatisfaction à la cour de Rome relativement à la constitutionUnigenitus. L’ambitieuse duchesse travailla à rattacher à sacause quelques-uns des chefs dont les noms avaient quelqueinfluence sur les masses. Elle lit des ouvertures à Villars et auxautres maréchaux de France ; et ne les trouvant pas disposésà courir les chances aventureuses d’un complot, elle se rejetasur les jeunes seigneurs qui formaient la cour du régent. Sonesprit et sa beauté la firent complètement réussir auprès deces derniers. Le comte de Laval , le cardinal Polignac et leduc de Richelieu se flattèrent d’obtenir seuls ses faveurs, etentrèrent dans la conspiration par fatuité plutôt que par