HISTOIRE DES PAPES.
[XVIII. S.J
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de leurs larmes, au lieu de combiner leurs efforts pour ren-verser cette exécrable institution, la monarchie, source descalamités de la nation.
Quant à Philippe d’Orléans , il continuait à passer les jourset les nuits en orgies, variant ses plaisirs, s’enivrant avecses roués, faisant la débauche avec de jeunes garçons oude jeunes filles de dix à douze ans enlevés à leurs famillespar ses pourvoyeurs, ou bien outrageant la nature avec sespropres filles, et renouvelant les saturnales des Borgia.
Dubois, de son côté, aussi ardent au plaisir que le régent,aussi avide d’argent et de pouvoir, se plongeait dans les pluscrapuleuses saturnales, sans toutefois perdre de vue le butqu’il s’était fixé, l’exercice de l’autorité suprême sous le nomde son élève. Pour réussir plus sûrement dans ses projets, ilavait compris la nécessité de s’appuyer sur la puissance laplus redoutable à celte époque, et s’était vendu à l’Angle-terre, corps et âme, au point que rien ne se faisait en France que du consentement des ministres de la Grande-Bretagne.On raconte que lui-même se faisait gloire et honneur de cevasselage; et qu’un jour le marquis de Senneterre, nomméambassadeur à Londres , étant venu lui demander ses instruc-tions, il répondit qu’il n’en avait point d’autres à lui donner,que de l’engager à suivre de point en point tous les ordresdes ministres du roi Georges. Toujours pour complaire àl’Angleterre, qui ne voulait perdre aucune occasion d’af-faiblir la France en suscitant des troubles dans le royaume,Dubois avait engagé le régent à dégrader les bâtards légi-timés de Louis XIV de leur rang de princes du sang.
Ceux-ci, qui déjà étaient hostiles au duc d’Orléans, se