[X VIII. S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 53
tion découverte, exhala sa colère dans des manifestes viru-lents qu’il fit répandre en France , dans lesquels il retraçaiten termes énergiques les infamies du régent, les spoliationsde son gouvernement, les abominations de sa vie, et où ilsignalait les dangers que courait là vie du roi sous la garded’un prince universellement reconnu comme empoisonneur.Le duc d’Orléans riposta aux attaques du ministre espagnolpar une déclaration de guerre. C’était pour lui un moyencommode et expéditif de faire cesser une polémique qu’ilne pouvait soutenir sans de graves inconvénients. 11 réunitune armée considérable sur les frontières de l’Espagne ,en confia le commandement au maréchal de Berwick et auprince de Conti, et fit envahir les états de Philippe V . Enmoins de quatre mois les villes fortes des provinces duNord furent toutes conquises, les ports de mer occupés, lesarsenaux détruits; et sa majesté catholique n’eut plus d’autreressource pour sauver la malheureuse Espagne des désastresd’une invasion étrangère, que d’accepter la loi du vainqueur,et de signer un traité de paix avec son plus mortel ennemi,le duc d'Orléans.
Tout réussissait au gré des désirs du régent. L’Espagne était vaincue et hors d’état de s’opposer à ses desseins;l’Angleterre se trouvait liée à sa fortune par un traité secretet par des concessions avantageuses à son commerce. Jamaisles circonstances n’avaient été aussi favorables pour Philippe,et il semblait réellement qu’il eût pris soin d’amener les chosesau point où elles étaient, afin qu’en cas de mort de Louis XV il n’eût qu’à étendre la main pour s’emparer de la couronne.
Sur ces enü'efaites, le jeune roi fut attaqué d’un mal subit,x. 8