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HISTOIRE DES PAPES.
[XVIII. S.]
qui mit ses jours en grand péril. Immédiatement la nouvelles’en répandit dans Paris et parcourut le royaume; partoutcircula le mot « empoisonnement, » et de tous les points dela France s’éleva un concert terrible d’accusations contrePhilippe. Le régent était-il vraiment coupable d’un nouveaucrime? Nul ne peut l’afiirmer. Ce qu’il y a de positif, c’estque l’opinion accréditée à la cour était que la maladie deLouis XV provenait du poison. La duchesse de la Ferté, quisoignait le malade, disait même en se lamentant et sans enêtre empêchée par la présence du duc d’Orléans : «Hélas!» tous les soins sont inutiles, le pauvre enfant meurt empoi-» sonné! » Les médecins ordinaires du roi avaient égalementdéclaré la science insuffisante pour un mal qu’ils ne pou-vaient expliquer. Un seul docteur, nommé Helvétius , osarépondre de la vie de l’enfant, le saigna, lui administra unbreuvage qu’on supposa être un antidote, et en quelquesjours le mit hors de danger.
Pendant le cours de la maladie de Louis XV , le duc d'Or-léans avait montré un visage calme, refoulant au fond deson âme les terreurs que devait lui causer l’explosion dehaines qu’avait fait naître cet incident. Quand le jeune roifut guéri, il affecta d’en ressentir une joie extrême, et pro-clama qu’il se trouvait heureux de voir renaître à la vie unrejeton si précieux pour la France . La vérité est que le ré-gent n’était nullement contrarié de cet ajournement , attendul’état d’exaspération où se trouvaient les esprits. Il compritqu’il avait mal préparé ses batteries, et s’occupa de ramenerl’opinion publique en changeant de tactique. Au lieu de serattacher à l’Angleterre, comme par le passé, il parut re-