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HISTOIRE DES PAPES.

. [XVIII. S ]

et qu’à dix ans il savait à peine lire. En revanche il dansait àravir et figurait déjà sur le théâtre des Tuileries dans desballets. Sa majesté n’en assistait pas moins au conseil de ré-gence, où elle se divertissait beaucoup de la laideur, des in-cartades et des manières cyniques de l’abbé Dubois.

Cet ambitieux, qui voyait le duc d’Orléans perdre du ter-rain et la majorité de Louis XV approcher,' faisait jouer toutesles mines pour se maintenir au pouvoir. Quoiqu’il fût marié,il n’hésita pas à se mettre sur les rangs pour l’archevêché deCambrai , à la mort du cardinal de Ja Trémouille, le succes-seur de Fénélon , et il vint demander ce siège au régent.

« Monseigneur, lui dit-il, j’ai rêvé cette nuit que j’étais» archevêque de Cambrai . » — « L’abbé, tu as fait un rêve)) impossible à réaliser, » lui répliqua le régent. Dubois, sansse déconcerter, reprit : « Pourquoi ne*me feriez-vous pas ar-» chevêque comme un autre? » Et il se mit à lui citer tous lespapes, évêques, archevêques ou cardinaux reconnus uni-versellement comme sodomites, incestueux ou fripons. Lerégent, ennuyé de la longueur de ses citations, l’interrom-pit, et pour s’en débarrasser, lui dit : « Mais, tu es un sacre!» et quel est l’autre sacre qui voudra te sacrer? — N’est-ce» que cela, monseigneur? j’aurai bientôt levé vos scrupules.» Votre premier aumônier., Tressan, l’évêque de Nantes , est>) là, dans votre antichambre, je vais vous l’amener, et il» sera charmé de la préférence. » II présenta en même tempsune lettre au prince, par laquelle le roi d’Angleterre conju-rait Philippe d’accorder l’archevêché de Cambrai à Dubois,son pensionnaire. Le duc d’Orléans céda, et le ministre dis-posa tout pour la cérémonie. Ainsi qu’il l’avait annoncé, l’é-