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HISTOIRE DES PAPES.
[XVIII. S.]
longtemps; elle eut l’imprudence d’annoncer quelle se ven-gerait de ceux qui l’avaient si ignominieusement chassée deMetz; elle osa menacer un d’Orléans ! Quelques mois aprèselle fut empoisonnée !
Louis XY pleura sa maîtresse huit jours, se consola en-suite dans les bras des beautés faciles de la cour, et la rem-plaça par madame Lenormand d’Ëtioles, fille d’un boucherdes Invalides , qui acquit par la suite une si triste célébritésous le nom de la Pompadour. Depuis longtemps cette femmeétait poussée par sa mère, qui faisait publiquement trafic deses charmes, et par son père, le boucher Poisson, person-nage crapuleux, bas et grossier, à se produire à la cour et àse placer sur le passage du roi, dans l’espoir de se faire re-marquer de lui. N’ayant pu arriver à ses fins, elle imaginade se rendre à un bal masqué que la ville donnait à Louis XV pour célébrer le mariage du dauphin avec l’infante d’Es-pagne et où sa majesté devait paraître. Madame d’Étiolesvint à la fête sous le costume de Diane chasseresse, le seinnu ainsi qu’une partie des reins, et sut attirer les regards dumonarque par des agaceries fines et spirituelles. Louis,aiguisé par la curiosité, s’approcha d’elle, lui adressa quel-ques paroles, et finit par la prier de lever son masque. Elleobéit, rougit extrêmement, et feignit de vouloir s’échapper.Le roi, que la vue de tant de grâces et de beauté avait en-flammé, s’attacha à ses pas ; la rusée laissa tomber son mou-choir en fuyant, Louis XV le ramassa, et comme il se trouvaitun peu éloigné d’elle, il le lui jeta. Au geste du roi, de tousles coins de la salle s’éleva un seul cri : « Le mouchoir est» jeté! » En effet, dans cette même nuit, la fille du boucher