pXVUI.S.] CRIMES des ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 89
nouveau mettre en question 1 existence de deux nationsD’après les conseils du nouveau maréchal, la duchesseChâteauroux commanda d’immenses préparatifs, fit publierdeux manifestes de déclaration de guerre, 1 un contre 1 Angleterre, l’autre contre l’Autriche ; puis, afin de donnei plusd’ardeur aux troupes, elle décida Louis XV à rejoindre < ^mée de Flandre , et à se mettre à la suite des fourgons,,l’exemple de son aïeul Louis XIV . Le monarque, habitue aune vie de sybarite, ne put même pas supporter la latigue dequelques journées de marche, et tomba si gravement maladequ’on lut obligé de le ramener à Metz . Un instant on craignitpour sa vie. Le duc de Chàtillon, gouverneur du dauphin,instruit du danger, quitta Paris et accourut avec son élèveauprès de Louis XV. Le fils du duc d’Orléans, Louis-Philippe-Joseph de Chartres , prince exécrable, qui promettait dé-galer un jour le régent, vint également à Metz , força 1 entréede la chambre du roi, et arracha au moribond un ordred’exil pour la favorite.
Cet événement changea comme par enchantement les dis-positions des courtisans à l’égard de la duchesse; et de tousces nobles, qui deux jours auparavant rampaient à ses pieds,il ne s’en trouva pas un seul qui consentît à rester auprèsd’elle; le duc de Richelieu voulut bien cependant lui prêterune voiture pour la conduire à Paris . Sa disgrâce ne fut pasde longue durée; une crise salutaire se manifesta dans lamaladie du roi et le fit entrer en pleine convalescence. Samajesté rappela immédiatement sa maîtresse auprès d’elle,et lui rendit toute l’autorité dont elle avait joui avant sonexil. Mais la duchesse de Châteauroux ne la conserva pas