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[XVIII. S.J CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 91

Poisson fut introduite dans le lit royal. A partir de ce mo-ment, s’ouvrit pour la France un nouveau règne plus déplo-rable encore que celui de la duchesse de Ghâteauroux etqu’on nomma le règne de Cotillon II.

La favorite, pour premier acte d’autorite, exila son maridans ses terres; et comme celui-ci faisait quelque bruit, elles’en débarrassa. Plusieurs historiens prétendent qu’il mourutde chagrin ; d’autres, et c’est le plus grand nombre, affirmentqu’il fut empoisonné. Devenue veuve, madame d’Étioles n’eutplus de ménagements à garder ; elle se posa comme la dis-pensatrice de toutes les grâces, de tous les honneurs; ellecommanda sous le nom de son royal amant, et exerça l’empirele plus absolu sur l’administration intérieure et extérieure duroyaume. Ce fut elle qui, par un détestable caprice, afin d’êtrecomparée à Agnès Sorel , la maîtresse de Charles Vil, ravivales démêlés de la succession d’Autriche et poussa la France dans une guerre d’invasion éminemment injuste.

Louis XV n’osant point résister à la favorite, s’arracha auxdélices de Versailles , se rendit au milieu de l’armée, qui étaitsous les ordres du maréchal de Saxe, et pénétra dans lesPays-Bas autrichiens, toujours à la suite des bagages. Aprèsquelques alternatives de revers et de succès, les armées réu-nies des Anglais et des Hollandais se rencontrèrent sous lesmurs de Fontenoy avec les troupes françaises , et livrèrentune furieuse bataille dans laquelle tout l’honneur resta ducôté de la France. Sa majesté Louis XV et le dauphin assis-taient à ce terrible spectacle, mais des hauteurs d’une collineet hors de la portée des canons. Lorsque les ennemis eurentété entièrement dispersés, ils descendirent de leur retraite et