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HISTOIRE DES PAPES.
[XVIII. S.]
vinrent contempler ce champ de carnage où l’on marchaitjusqu’à mi-jambe dans le sang, où l’on ne voyait que descadavres en lambeaux, où l’on n’entendait que le râle desmourants et les cris d’angoisses des blessés. Amère dé-rision ! ce Louis XV , ce roi infâme, la cause de la mort detant et de si braves gens, feignit de s’apitoyer sur le sortdes victimes, et dit en s’adressant au dauphin : « Méditez,» mon fils, méditez sur ces champs couverts de morts, et» apprenez à ne pas prodiguer la vie de vos sujets dans des» guerres injustes. »
Les ducs, les comtes, les barons, toute la valetaille decour qui les entourait, s’extasia sur la bonté du maître; et lepeuple, toujours dupe des intrigants qui le gouvernent, ap-plaudit au vainqueur de Fontenoy, oubliant que des bataillesgagnées ne sont pour lui que des malheurs déguisés sous lenom de victoires. En effet, malgré les succès du maréchalde Saxe à Raucoux, malgré la prise de Berg-op-Zoom et letriomphe de Laufeld , chaque jour la nation voyait diminuerses ressources et tomber sous le canon ennemi sa plus vail-lante jeunesse.
Victorieuse dans les Pays-Bas autrichiens, la France n’envoyait pas moins ses armées battues en Italie , les débris desa marine anéantis, ses colonies dans les Indes perdues; sesconquêtes mêmes des Pays-Bas se trouvaient compromisespar suite de l’intervention de la Russie , qui avait pris partipour Marie-Thérèse, et avait envoyé un corps de troupessur les bords du Rhin. Louis XV comprit enfin que les vel-léités guerrières de la fille Poisson pouvaient compromettresa couronne, et il ouvrit des négociations qui amenèrent le