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HISTOIRE DES PAPES.

[XVIII. S.]

des satyres; les robinets de cristal, taillés en forme de carya-tides humaines, laissaient échapper par les phallus, du lait,de l’eau parfumée ou des vapeurs odorantes, et provoquaientde monstrueux désirs.

Ces pièces formaient des laboratoires où la virginité perduevenait retrouver ses illusions, où la vigueur énervée allaitchercher une énergie nouvelle; c’étaient des arsenaux mys-térieux où les forces débilitées par la débauche se retrem-paient, soit avec des élixirs aphrodisiaques, des pastillesambrées, des grains du sérail ou d’autres philtres merveil-leux, soit au moyen des travestissements qui fournissaient àl’illusion du crapuleux Louis XV , et le mettaient tour à touren présence d’une déesse, d’une religieuse ou d’une bergère.Les jardins de ce nouvel Élysée répondaient par la magnifi-cence de ses bosquets et le choix de ses statues au luxe im-pudique des appartements.

Tel était ce célèbre Parc-aux-Cerfs, gouffre béant où de-vaient s’engloutir les richesses du royaume. Les mémoiresdu temps établissent l’origine de ce lieu infâme à l’année1752. Des personnes attachées à la cour affirment que dèscelte époque la Pompadour y faisait élever de jeunes fillesde neuf à dix ans pour les affreuses voluptés de Louis XV .

Quand le sultan était rassasié de leurs caresses, la favo-rite les renvoyait du Parc-aux-Cerfs, les dotait et les mariaità des cadets de famille ou à des marquis ruinés, rôle ignobleque la noblesse française dans tous les temps a tenu à hon-neur de remplir auprès des rois, et auquel les plus grandesfamilles doivent leurs titres et leur honteuse illustration.

Ces jeunes filles, rendues à la société, y rapportaient le