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REINES et 1)ES EMPEREURS. 97

[XVIII. S.] CRIMES des ROIS, des

bris se voyaient des peintures représentant des allégoriesenivrantes, Phébé suivie des jeux et des ris, ou Vénus ac-compagnée de bacchantes désordonnées. L alcôve était plussomptueuse encore que tout le reste : la Pompadour en avaitfait une sorte de tabernacle dans le saint des saints. Une es-trade , sculptée et surchargée d’ornements en malachite, enlabrador, en jaspe, en agate et en lamachelle, soutenaitdeux énormes coquilles émaillées de mille couleurs, où gi-saient des corbeilles en or et en argent, qui laissaient échap-per en divers endroits des guirlandes de Heurs artificielles,figurant des roses, des lis, des anémones, des pavots, desœillets et des tulipes; une légère galerie en vermeil rete-nait la couche parfumée où devaient reposer le sultan et sesodalisques. Aux deux côtés du lit, sur des stylobates de por-phyre , les statues du Sommeil, du Silence, de Morphée etde la Nuit, tenaient d’une main des lampadaires d’or, et de1 autre relevaient les courtines. Les meubles qui ornaientces chambres consistaient en chaises longues, en bergères,en cabriolets mouvants, en chaises volantes, toutes ensatin bleu, paille, rose ou orange, glacé d’or et d’argent,en bois de rose ou d’ébène; les secrétaires, les commodes etles chiffonnières étaient encombrés de porcelaines de la ma-nufacture de Sèvres qui venait d’être fondée, de bronzes,de sta tuettes, d’instruments bizarres; tout enfin, dans l’en-semble comme dans les détails, respirait la volupté.

Des salles de bains desservaient ces retraites mystérieuses :c étaient des espèces de rotondes éclairées par la voûte, soute-nues par des colonnes de marbre noir qui se détachaient surdes lambris de porphyre ; les baignoires étaient portées par