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HISTOIRE DES TAPES.

[XVIII. S.]

des femmes qui habitèrent le Parc-aux-Cerfs a coûté aumoins un million à la France . Or, en supposant qu’il y enait passé seulement quatre par semaine, c’est-à-dire quatremille en vingt ans, l’on trouvera que ces dépenses s’élèventau chiffre de quatre milliards! encore dans ce total ne doit-on pas comprendre les frais de constructions, ni les pensions,ni les terres, ni les domaines distribués aux bâtards provenusde ces accouplements clandestins, ni les richesses dévoréespar la Pompadour, et qui durent dépasser cette somme deplus du double. La favorite en titre possédait à elle seule,outre les revenus de son marquisat, un brevet de deux centmille livres de rente; la terre de la Celle, le château et laterre de Crécy, le château d’Aulnay, la terre de Saint-Remy,Brimborion et ses dépendances, le château de Bellevue etses délicieux alentours; de plus, le trésor royal fut mis àson entière discrétion, au moyen des acquits du comptant,sorte de billets payables sans indication de personnes, sur lesimple visa du roi; elle en fit signer plus de vingt mille àLouis XV , dont plusieurs portaient des sommes de cent milleécus. Ce n’était pas tout, la marquise de Pompadour, indé-pendamment de ses attributions de pourvoyeuse des plaisirsde sa majesté, remplissait, pour le malheur de la France ,les fonctions de ministre d’état, et, suivant ses caprices ouson intérêt, déclarait la guerre, traitait de la paix ou éta-blissait de nouveaux impôts qu’elle partageait entre les fri-pons , les militaires et les histrions qui formaient sa cour.

Ce fut elle encore qui imagina, pour distraire son royalamant, de lui composer plusieurs troupes de comédiens oùse trouvaient enrôlés des princes, des princesses, des laquais,