Band 
X.
Seite
101
JPEG-Download
 

[XVIII. S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 101

des magistrats, des courtisanes, des abbés, des danseuseset des escrocs. Louis XV en était le directeur, choisissait lespièces de chaque jour, distribuait les rôles et assistait auxrépétitions, soit à Versailles , soit à Bellevue, dont la favoriteavait fait un séjour délicieux. On dut ainsi à cette femmedépravée le goût scénique, qui passa rapidement des princes,des grands et des bourgeois aux rangs les plus infimes de lasociété, pénétra jusque dans les monastères, empoisonna lesmœurs de l’enfance par cette foule d’élèves dont avaient be-soin les théâtres, et porta la corruption au comble.

La marquise de Pompadour ne s’inquiétait nullement dudésordre où se trouvaient les finances, ni des charges qui pe-saient sur le peuple ; ce qu’elle voulait surtout, c’était cher-cher des distractions au roi ; et comme tous ces plaisirs com-mençaient à le fatiguer, elle essaya de lui inspirer le goûtdes bâtisses, le poussa à des dépenses folles pour des coli-fichets qui étaient aussitôt détruits qu’édifiés ;"puis le voyantretombé dans son indolence habituelle, elle s’attribua lacharge de surintendante de l’Opéra, afin de pouvoir l’égayerpar le récit des intrigues de ce sérail public. Dans le mêmebut, elle se fit donner par le lieutenant général de la policeBerryer, son âme damnée, la gazette scandaleuse de Paris ,qui n’était autre que la relation des scènes de débauche quis’étaient passées dans les ruelles des princesses, dans l’alcôvedes grands seigneurs et dans les lupanars de la capitale.Cette correspondance, qui dévoilait toutes les turpitudes dela noblesse, de la robe et de l’Église, devint dès lors un desprivilèges ou une des servitudes des lieutenants de police.

Les intendants des grandes maisons, les valets de chambre

X. 14.