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HISTOIRE DES PAPES.
[XVIII. S.]
réclial de Richelieu devant Mahon, avait attaqué la flotte ducélèbre amiral Byng et l’avait vaincue ; l’infortuné commo-dore paya cette défaite de sa tête quand il fut de retour àLondres . Le marquis de Montcalm, chargé de la défense duCanada, venait d’enlever aux Anglais les forts Ontario , Os-.wego et Saint-Georges, les boulevards de leurs possessionsdans l’Amérique du Nord . Le maréchal d’Estre'es venait éga-lement de racheter la honte de ses anciennes défaites par lavictoire inespérée d’Haslembeck. Ensuite les revers se suc-cédèrent presque sans interruption ; la courtisane qui pesaitsur la France entrava effrontément la marche des arméesvictorieuses, remplaça les généraux par des hommes vils etméprisables, sans aucune capacité, et par la valetaille doréequi encombrait ses antichambres. Il en résulta que la France vit ses armées taillées en pièces, ses flottes détruites, sespossessions en Afrique, en Amérique et dans les Indes con-quises, son commerce maritime entièrement anéanti.
Le mal devint si grand, que l’abbé de Bernis, ministre d’état,se décida, pour alléger les maux de la nation, de concertavec ses collègues, à proposer à Louis XV d’entrer en ar-rangements avec les puissances ennemies et de mettre unterme à la guerre. La favorite ne goûta nullement l’avis, etfît renvoyer le ministre. Le duc de Choiseul fut rappelé deson ambassade de Vienne et installé à la place de l’abbéde Bernis ; la marine fut donnée à Berryer , la guerre au ma-réchal de Belle-lsle, et les finances à Berlin .
Dès lors l’administration du royaume se trouva aban-donnée à une sorte de gaspillage organisé ; les ministres duroi, espèce de loups-cerviers toujours affamés, se mirent à