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[XVIII. S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 109

Grande-Bretagne en prirent occasion de former une alliancedéfensive et offensive avec la Prusse, pour empêcher touteintroduction de troupes étrangères en Allemagne en cas deguerre avec la France .

Ce fut au milieu de semblables circonstances que la mar-quise de Pompadour, enivrée des louanges perfides de Marie-,Thérèse, accueillit les ouvertures du ministre Kaunitz , et fitsigner au roi le fameux traité de Versailles, traité de dupe,dans lequel l’Autriche stipulait pour elle tous les avantages,ne laissant à Louis XV que la stérile gloire d’épuiser ses,finances, de sacrifier ses meilleures troupes afin d’ajouter denouveaux états à ceux que possédait déjà l’impératrice.

L’Angleterre lança aussitôt une proclamation de guerrecontre la France. Le cabinet de Versailles répondit par deviolents manifestes, et envoya une escadre sous les ordres dumaréchal de Richelieu pour attaquer l’île de Minorque , quiappartenait à la Grande-Bretagne. Le roi de Prusse, de soncôté, l’allié du cabinet de Saint-James, se jeta immédiate-ment sur la Saxe avec une armée formidable pour faire uneutile diversion. Les hostilités se trouvèrent ainsi engagéessur terre et sur mer, et s’étendirent avec une incroyable ra-pidité dans les deux hémisphères.

Gomme toujours, l’or des Anglais joua un grand rôle dansces c °nflits. La-fille du boucher Poisson, la cause de cetteguerre, l’alliée secrète des ministres de la Grande-Bretagne,vendit, à beaux deniers comptants, la perte des batailles etla ruine de nos flottes. D’abord la valeur française fit desprodiges et parut avoir fixé la victoire sous nos étendards.

L amiral de la Galissonnière, après avoir débarqué le ma-

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