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HISTOIRE DES PAPES.
[XVIII. S.]
James avait prodigué les millions et augmenté la dette pu-blique; mais, après tout, qu’était-ce pour l’aristocratie anglaiseque la perte de quelques milliards dont la charge retombaitsur la nation, en comparaison de l’anéantissement d’une puis-sance rivale qui pouvait un jour lui disputer l’empire desmers ! On ne doit donc pas être étonné que la Grande-Bre-tagne consentit à cesser la guerre continentale. Des négocia-tions conduites par le duc de Nivernois et par le duc deBedford amenèrent le honteux traité de Paris , qui plaçaitla France au rang des nations déchues.
Tant d’opprobre et d’infamie ne fit pas rentrer en lui-même le méprisable Louis XV ; au contraire, il affecta d’éta-ler plus de pompe que jamais pour insulter à la misère pu-blique ; il ne mit aucun frein dans ses dépenses, doubla lenombre des ganymèdes et des pauvres jeunes filles destinésà ses plaisirs, et joua des monceaux d’or. Indifférent parégoïsme à ce qui concernait même les intérêts de son trône,il le voyait s’écrouler sans terreur, ne paraissant occupé qu’àchercher des distractions dans la lecture de relations grivoisesou d’anecdotes scandaleuses, fabriquées par le duc de Choi-seul, sur les intrigues des souverains et des princesses desautres cours de l’Europe , ou bien encore à tourner des ta-batières pour ses favoris, et des phallus pour ses élèves duParc-aux-Cerfs; si parfois ses courtisans, effrayés par lesclameurs du peuple et tremblants pour leur avenir, lui ma-nifestaient des craintes sur la marche des événements, il secontentait de répondre : « Bah! tout cela durera plus que» moi ; peu m’importe quand je serai mort que la monar-» chie périsse et la France avec elle ! »