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(XVIII. s.] CRIMES DES ROIS, des REINES ex des EMPEREURS. 117

velles ardeurs et qui pût faire diversion aux amours facilesde son sérail. Enlin le hasard le servit à souhait. Un soir queLebel parcourait les lupanars de Paris pour recruter quelquenouveau sujet destiné au Parc-aux-Cerfs, il rencontra uncertain comte du Barry,qui exerçait la profession de ruiiano,et lui conta l’embarras où il était pour plaire au roi. Le comtelui promit de le tirer d’affaire et de lui procurer la pluséhontée courtisane du royaume. Le lendemain il lui amenaune jeune fille, véritable merveille de beauté; c’était Marie-Jeanne Gomart de Vaubernier, tille d’un commis aux bar-rières du village de Vaucouleurs.

Cette courtisane, qui devait remplacer la Pompadour etrégner sur la France avec le titre de favorite, était venue àParis dès l’âge de neuf ans et avait été placée chez une mar-chande de modes, qui tenait en même temps une maison deprostitution. De là elle était entrée dans le lupanar de lafameuse Gourdan, où elle se trouvait encore quand le comtedu Barry eut l’idée de la présenter à Lebel pour le satrapede Versailles . Il arriva ce que le protecteur de la Gomartavait prévu. Elle charma le roi à tel point, qu’en sortant deses bras, sa majesté avoua aux courtisans admis à ses orgies,que jamais aucune femme ne lui avait fait connaître d’aussiineffables voluptés. L’un des seigneurs se hasarda de direque la nouvelle pensionnaire du Parc-aux-Cerfs sortait d’unlieu de débauclîe, et qu’elle se trouvait inscrite sur les re-gistres des tilles d’amour. Sa majesté répliqua que la choselui importait peu, que la belle lui plaisait, et qu’elle figure-fait à la cour au milieu des princesses.

En effet, par les ordres du roi, on se mit en quête d’un

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