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HISTOIRE DES PAPES.
[XVIII. S.]
paratifs de départ, afin qu’il pût quitter Fontainebleau dès queson fils aurait fermé les yeux. Le malheureux dauphin, quiapercevait de sa fenêtre le mouvement qu’on se donnait pourcharger à la hâte les voitures de bagages, ne put retenir sesplaintes, et s’écria douloureusement : « Hélas! la mort tarde» trop à venir, car j’impatiente bien du monde. » A tort ou àraison on attribua encore cet événement à un crime, et on enaccusa le roi et son ministre. La dauphine n’ayant pas tardéà suivre son mari, on parla ouvertement d’une tasse de cho-colat empoisonné qui lui avait été présentée par des gensvendus au duc de Ghoiseul ; enfin, la reine étant morte quinzejours après, on alla jusqu’à appeler le roi un nouveau Néron .
Ces inculpations fausses ou non frappèrent d’épouvanteLouis XV . Le lâche et crapuleux monarque feignit un retoursur lui-même, parla de faire pénitence, ferma son harem,renvoya ses maîtresses, et s’en tint à ses filles et à la belleduchesse de Grammont, dont il partageait les faveurs avecle duc de Choiseul. Mais cette existence ne tarda pas à lefatiguer; les projets de réforme furent abandonnés, le Parc-aux-Cerfs fut rouvert, et les saturnales recommencèrentcomme auparavant. De nobles dames, des bourgeoises, depauvres filles enlevées à leurs parents, vinrent successivementhabiter ce lieu infâme; et après avoir été souillées des em-brassements de ce sardanapale, laissèrent la place à d’autresvictimes.
Cependant le maître s’ennuyait toujours; l’abus des plai-sirs avait émoussé les ressorts de son organisation. Chaquejour il demandait à Lebel, son premier valet de chambre etson pourvoyeur, une femme qui sût réveiller en lui de nou-