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HISTOIRE DES PAPES.

[XVIII. S,J

courtisane pour en obtenir des grâces et des faveurs. Néan-moins la prostituée royale ne se montrait que médiocrementflattée de leurs adulations, soit qu’elle ressentît un tendresentiment pour le duc de Choiseul, soit qu’elle eût été séduitepar la grande réputation de son amabilité, ou soit qu’elle leredoutât ; toujours est-il que la favorite fit des avances au mi-nistre, qu’elle chercha à le convaincre qu’elle n’avait d’autreambition que. celle de remplacer la marquise de Pompadour,et qu’elle alla jusqu’à lui offrir d’être sa maîtresse.

Le duc, qui était dominé par sa sœur madame la comtessede Grammont, eut l’imprudence de repousser toutes lesavances de la du Barry Dès ce moment la guerre fut déclaréeentre la favorite et le ministre. Celui-ci imagina, pour forti-fier son parti, de donner une nouvelle reine à la France ;mais Louis XV refusa d’entrer dans ses vues. Alors le ducsongea à dresser d’autres batteries et à marier le dauphin,monseigneur le duc de Berry, l’aîné des enfants du malheu-reux dauphin mort à Compiègne . Il avait calculé avec raisonqu’une jeune princesse, qui lui serait redevable de la hautefortune à laquelle un jour elle devait arriver par son unionavec l’héritier du trône de France , deviendrait son plussûr appui contre ses ennemis. Il proposa en conséquence àLouis XV de marier son petit-fils à l’archiduchesse Marie-Antoinette-Josèphe-Jeanne d’Autriche, troisième fille doMarie-Thérèse et de l’empereur François 1 er , jeune personneadmirablement belle. Quoique cette princesse comptât à peinequatorze ans, elle passait déjà pour une femme accomplie; sataille était majestueuse, ses bras parfaitement arrondis, sapeau d’une blancheur éblouissante, ses regards pleins de feu ;