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HISTOIRE DES PAPES.

[XVIII. S.j

aumônier lui mettaient l’un et l’autre ses pantoufles et luiservaient de caméristes. Sa laveur était à son apogée et luiavait inspiré une telle vanité qu’elle ne parlait l ien moins quede se faire épouser par son royal amant ; déjà même elle affec-tait les allures d’une reine. Puis, sous prétexte que sa maisonne pouvait contenir la foule des seigneurs qui venaient luirendre visite, elle se fit bâtir un magnifique palais sous lenom modeste de pavillon de Lucienne.

Cette demeure devint la retraite de prédilection du roi ; ily passait des journées entières, et ne s’en arrachait que pourson harem du Parc-aux-Cerfs. C’était là que sa majesté, dé-pouillant tout appareil de grandeur, se livrait à ses goûtsculinaires; le bonnet de coton en tête, la serviette au côté, elleremplissait auprès de la favorite les plus humbles fonctionsde la domesticité, préparait son déjeuner et se laissait gour-mander comme un valet. On cite encore aujourd’hui cettephrase de la du Barry, dite dans un instant fort-délicat, oùle roi cupidonnait avec elle : « Prends donc garde, la France ,» ton café f.... le camp! »

Louis XV finit cependant par se fatiguer de sa maîtresse,et jeta les yeux sur une jeune femme que le comte du Barryavait fait épouser à son fils et qu’il destinait à remplacer sabelle-sœur. Celle-ci écarta sa rivale à prix d’or avant que leroi eût eu le temps de s’y attacher; et pour prévenir le re-tour de semblables caprices, elle suivit l’exemple de la Pom-padour et se fit la directrice du Parc aux-Cerfs. Les mœursde cet abominable séjour avaient fait de grands progrès de-puis plusieurs années. Les matrones, chargées de surveillerles odalisques du sérail, étaient toutes des femmes titrées;