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ROIS , DES REINES ET DES EMPEREURS. 133

[XVIII. S.] CRIMES DES

les pourvoyeurs étaient ducs, comtes, marquis ou barons,tous portaient la croix de Saint-Louis.

La besogne était également devenue beaucoup plus facile ;on n’était point obligé, comme par le passé, de battre lesquatre coins du royaume pour trouver des sujets ; les famillesnobles se disputaient l’honneur de fournir la couche luxu-rieuse du vieux roi. Des ducs, des comtes, des marquis, as-siégeaient les anticbambres-du lieutenant de police pour ob-tenir l’admission de leurs filles dans le Parc-aux-Cerfs ; lessolliciteurs étaient tellement nombreux, que Sartines, le suc-cesseur de Berryer , s’était vu forcé de leur fermer son cabi-net, et d’établir que ces sortes de demandes lui seraientadressées, sous forme de supplique, pour être présentées à

la comtesse du Barry.

Nous donnons une copie textuelle d’une de ces pétitionstrouvée dans les archives de la police, pour faire apprécierà quel degré d’abjection était tombée la noblesse françaisesous le règne de Louis XV .

« Monseigneur Je lieutenant de police, un gentilhomme,» qui compte dix quartiers de noblesse, dont les aïeux,» hommes et femmes, ont toujours professé un dévouement» extrême à la personne sacrée de nos rois, a l’honneur de» vous prévenir qu’il est père d’une fille, véritable miracle» de beauté et de fraîcheur. Serait-ce trop attendre, mon-» seigneur, comme récompense de trente-quatre années de» service militaire en qualité de colonel, que d’espérer pour» ma chère enfant, âgée de quinze ans révolus, l’entrée de» la bienheureuse maison où l’on forme les jeunes personnes» qui sont réservées à l’ardent amour de notre glorieux mo-