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HISTOIRE DES PAPES.

[XVIII. S.]

» narque? Peut-être s’élèvera-t-il quelque objection sur l’âge» avancé de ma fille; mais je proteste quelle possède son» innocence baptismale, comme le démontrent du reste,» d’une manière irrécusable, les certificats ci-joints des» docteurs chirurgiens et médecins, ainsi que d’autres attes-» tâtions des sages-femmes. D’ailleurs, pour plus de certi-» tude, vous lui ferez subir devant vous, monseigneur, un» nouvel examen, pour vous assurer que notre roi bien-aimé» trouvera en elle tous les trésors qui lui sont si bien dus.» J’attendrai, monseigneur, avec une vive impatience votre» réponse. Si elle est favorable, elle répandra les bénédic-» tions de Dieu sur une noble famille, qui vous sera toujours» aveuglément et passionnément dévouée. »

En marge de ces suppliques, la favorite se contentait,selon que les solliciteurs étaient ses partisans ou ses enne-mis, de mettre « refusé » ou « à voir. »

Parmi les jeunes filles ou les femmes qui furent ainsi livréesau luxurieux monarque, les mémoires du temps n’ont con-servé que les noms de celles qui avaient eu quelque éclat.D’Angerville cite, par exemple, mademoiselle de Blaru, quifut livrée aux pourvoyeurs de Louis XV par l’abbesse ducouvent de Bon-Secours, où elle était élevée, ainsi qu’unedizaine d’autres pensionnaires de cette maison, de l’âge deonze et douze ans ; il cite également la fille du maréchal deRichelieu, la célèbre comtesse d’Egmont, qui mourut dedébauche à vingt-trois ans; mademoiselle de Grandi, connuesous le nom de la bouillante Italienne; miss Witist ou laBelle Anglaise; mademoiselle de Malignan, mademoiselle deCoulanges, mademoiselle de Bomango, et une foule d’autres