[XVIII. s. J GRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 149
il laissa le champ libre et abandonna la direction des affairesà la reine. Celle-ci envoya immédiatement demander à Tur-got sa démission ; le contrôleur général obéit, et.se retira duministère avec Malesherbes . Le parlement, le clergé et lanoblesse crièrent victoire, et firent une sorte d ovation àMarie-Antoinette .
Lès ce moment, Louis XVI se trouva entièrement effacépar sa femme, et ne fut plus désigné par les grands sei-gneurs que par le sobriquet de roi Vulcain, à cause de lamanie qu’il avait d’être habile forgeron ; la reine, au con-traire, fut regardée comme la maîtresse absolue du royaume,* a dispensatrice de toutes les faveurs et dignités, et chacunchercha à mériter ses bonnes grâces. Vu le caractère capri-cieux de cette femme, il était facile de prévoir les mauxqu’elle allait appeler sur la nation. Au lieu de s’entourerd’hommes austères pour l’aider dans son gouvernement, ellerallia autour de sa personne les esprits les plus frivoles ; elleconsulta les gens graves sur ses parures, et les étôurdis surles affaires de l’état. Au lieu de composer son conseil de lé-gistes , de financiers et de savants, elle le forma de femmeslégères et corrompues^ ses complaisantes.
Les bals et les fêtes nocturnes se succédèrent presque sansinterruption à Versailles ; la cour étala plus de faste qu’ellen’en avait eu sous Louis XIV ; la maison des frères du roi futmontée avec plus de somptuosité que celle du dauphin sousle prodigue Louis XV ; Mesdames furent gorgées d’or, et eu-rent plus à se louer des libéralités du roi leur neveu quede •celles de leur père.
Les d’Orléans ne manquèrent pas non plus d’accourir à la
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