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HISTOIRE DES PAPES.

[XVIII. S.]

curée, ainsi que les princes de Condé, quoiqu’ils possédassentdes richesses colossales. Fort heureusement, il s’introduisità Versailles «quelques-uns des goûts ruineux des seigneursde la cour britannique, qui firent rentrer dans la circulationune partie des trésors volés à la nation. L’anglomanie fit fu-reur : partout les vieux parcs tombèrent pour faire place àdes jardins anglais d’une capricieuse irrégularité; les princesdonnèrent des millions à des filles d’opéra qu’ils affectaientde ne pas aimer; ils se mirent à jouer et à perdre des sommesénormes. Toujours pour imiter nos voisins d’outre-mer, ilsfirent venir à grands frais des chevaux et des jockeys, et eu-rent des courses et des paris comme à Londres. Marie-An-toinette présidait à tout, au jeu et aux courses, et se jetaitavec une sorte de vertige dans ces nouveautés extravagantes.

Sous les règnes précédents, les équipages, les meubles,les habillements, les ornements de tous genres, avaient con-servé une ampleur et une solidité qui les soutenaient contrede nouveaux caprices; la jeune reine affecta de dénigrer lestraditions du passé, et sous prétexte de se délivrer de toutappareil magnifique, elle donna carrière à son goût pour lesfutiles inventions de la mode.

Les mœurs suivirent également la fatale impulsion queleur donna Marie-Antoinette , et bientôt les plus grandesdames de la cour ne rougirent pas, à son exemple, d’inspirerou de ressentir de monstrueuses passions les unes pour lesautres. Jusqu’à la mort de Louis XV , la jeune dauphineavait apporté quelque réserve dans ses liaisons, et s’en étaittenue à cinq ou six favorites, que l’on disait être la petiteLangeac, une de ses demoiselles d’honneur, les duchesses