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HISTOIRE DES PAPES.

[XVIII. S.]

ment dans ses débauches, la reine la délaissa pour la jeune etbelle princesse de Lamballe. Celle-ci captiva la reine aupoint qu’elle en obtint, comme témoignage de son amour,la charge de surintendante de sa maison, avec quatre centmille livres de traitement annuel. Son règne dura jusqu’à ladélivrance de Marie-Antoinette .

Sa majesté, à son grand désespoir, au lieu d’un dauphin,accoucha d’une fille qu’on nomma Marie-Thérèse-Charlotte et qui devint plus tard duchesse d’Angoulême . Suivant l’u-sage, Louis XYI était venu s’installer dans l’appartement desa femme avec quelques-uns des grands dignitaires de l’étatdès que les douleurs de l’enfantement avaient commencé.Quand elle fut délivrée, il prit l’enfant dans ses bras, etl’élevant au-dessus de sa tête, il dit au président d’Aligre :« Voyez, monsieur, et affirmez bien au peuple que cette fille» est de moi. »

Après les couches de la reine, le tableau des amusementsde Versailles se modifia tout à coup; il n’y eut plus de bals,peu de jeu, mais, par compensation, on multiplia les prome-nades nocturnes. On s’assemblait le soir au crépuscule surla terrasse du château, au parterre du Midi, et à la faveur demystérieux déguisements, les dames de la cour se mêlaient,se confondaient dans l’obscurité avec des commis, des bour-geois , des valets et des soldats. Marie-Antoinette et le comted’Artois couraient la terrasse et les bosquets, se perdaient,se retrouvaient, puis revenaient au château, où ils faisaientdes contes sur ce qu’ils avaient vu. L’imbécile Louis XVI trouvait que tout était pour le mieux, et dans sa bonhomie,faisait venir chaque soir la musique des gardes françaises