Band 
X.
Seite
153
JPEG-Download
 

[XVlIl.s.] GRIMES des ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 153

lj Ouis XVI de mettre sa main sur son cœur pour la soulager;puis, sous prétexte quelle le fatiguait, elle s’adressa au chercomte, qui eut la hardiesse de s’y prêter en présence de sonmaître. Les courtisans ne purent retenir une exclamation debruyante hilarité. Le roi prit mal la chose, se retira dans sesappartements, et le lendemain fit envoyer à Dillon l’ordre derejoindre son régiment. La reine pleura deux jours sonamant, et le troisième se consola dans les bras de la belleprincesse de Guémenée .

m

Le merveilleux vicomte de Laval fixa également son atten-tion; ce fut pour peu de temps, elle l’oublia bientôt pourrenouer successivement avec le vigoureux duc de Coigny,avec le comte d’Artois, et avec l’empereur Joseph II , sonfrère, que sa passion pour elle avait déterminé à laire levoyage de France, et à venir à la cour de Versailles .

Sur ces entrefaites, Marie-Antoinette devint enceinte. Cha-cun raisonna à sa guise sur cet événement ; là cour et la villes’occupèrent de rechercher l’heureux auteur de la paternité;les uns désignèrent l’empereur Joseph ; les autres préten-dirent que* le comte d’Artois s’était lui-même donné unmaître ; ceux qui étaient mieux instruits firent honneur dela grossesse au duc de Goigny, et allèrent jusqu’à préciserl’heure, le moment et le lieu où la chose s était faite. Sa ma-jesté ne fit nulle attention aux caquetages des courtisans, etmalgré son état continua ses intrigues amoureuses avec lesnobles dames et les jeunes seigneurs de sa cour. Madame deMarsan eut un instant les honneurs du mouchoir, et rem-plaça la princesse de Guémenée dans ses bonnes grâces; maissa santé délicate l’ayant obligée d’apporter quelque ménage-