[XVIII. S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 155
dans les jardins pour donner des sérénades à sa. femme.
il est impossible, disent les mémoires du temps que nouscitons textuellement, de rapporter à quels débordements s’a-bandonnait la reine dans ces saturnales, soit avec son beau-irère, soit avec d’autres princes, ou avec des ducs, des mar-quis, des abbés, des gardes du corps, des valets, ou mômeavec de nobles dames, des femmes de chambre et des gri-settes, car tout lui était bon pour assouvir ses fureurs deuaessaline. Ces débauches n’empêchaient pas Marie-Antoi-nette d’avoir une favorite en titre, de même que Louis XY,malgré son Parc-aux-Cerfs, avait conservé la Pompadour etla du Barry ; seulement elle en changeait plus souvent. Ainsielle lit succéder à la belle et langoureuse princesse de Lam-balle, madame de Polignac, appelée la comtesse Jules, dontles moeurs étaient abominables et qui passait pour avoir tousles goûts possibles.
Cette femme éhontée vivait publiquement avec un comtede Vaudreuil et avec une dame de la cour, nommée de La-borde. Elle les céda l’un et l’autre à Marie-Antoinette ; enéchange elle reçut le titre de duchesse, la charge de gouver-nante des enfants de France , un traitement considérable, lahaute main dans l’administration du royaume, et le droit devendre à son profit des dignités, des bénéfices et jusqu’à desévêchés. Bientôt rien ne se fit plus à la cour que par lesordres de madame la gouvernante, auprès de laquelle lareine jouait le rôle de l’amant le plus passionné, s’abandon-nant à ce sentiment avec une fougue inouïe, jusqu’à mettrede côté tout sentiment de pudeur, sans craindre môme devantses femmes de prendre et de recevoir de lascifs baisers.