Band 
X.
Seite
178
JPEG-Download
 

178

HISTOIRE DES PAPES.

[XVIII. S.]

mêmes qui avaient causé le renvoi de Calonne, et auxquellesson successeur se voyait contraint de recourir, savoir : la dé-claration de la liberté du commerce des grains, la créationd’assemblées provinciales et l’abolition de la corvée en uneprestation en argent; mais ils refusèrent obstinément l’enre-gistrement de l’impôt du timbre, que Loménie de Brienne vint lui-même présenter. Un impôt du même genre avait oc-casionné en partie le soulèvement des colonies anglaises : lesorateurs du parlement de Paris suivirent le bel exemple queleur avaient donné les publicistes américains, et tonnèrentcontre les vices des monarchies absolues. Le peuple ne restapas indifférent à la lutte engagée entre la magistrature etla cour; une multitude d’étudiants, de jeunes avocats, declercs de procureurs, de bourgeois et d’artisans, vint cha-que jour assister aux séances du parlement; les salles im-menses et les galeries furent constamment encombrées d’unefoule enthousiaste qui offrait des couronnes aux jeunes ora-teurs, et poursuivait de ses huées les vieux conseillers quiavaient parlé dans le sens de la cour. Le duc d’Orléans, lemême prince qui s’était souillé de tant d’infamie sous le nomde duc de Chartres , et qui était devenu un objet de dégoûtpour les Parisiens, apparut alors sur la scène politique, etse jeta dans le parti des mécontents pour reconquérir de lapopularité.

Enfin, l’opposition, qui chaque jour devenait de plus enplus imposante, ne se contentant plus de censurer les actesdes ministres, s’attaqua à la royauté elle-même. Pour la pre-mière fois depuis son origine, le parlement osa demanderau chef de l’État qu’il justifiât la nécessité de l’établissement