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(XV1I1.S.J GRIMES des ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 179

de nouveaux impôts. Louis XVI refusa les communicationsqui lui étaient demandées. Alors, sur la proposition d’un deses membres, le parlement fit une déclaration portant qu’ilétait incompétent pour vérifier les édits bursaux; qu’auxmandataires seuls de la nation appartenait le pouvoir d’ac-corder les subsides, et qu’en conséquence on devait deman-der une prompte convocation des États-Généraux. Ce motd’États-Généraux retentit dans toute la France et produisitune sorte de commotion électrique; nobles, magistrats, ecclé-siastiques, bourgeois, artisans, tous se rangèrent à l’avis duparlement de Paris, et demandèrent à grands cris une re-présentation nationale.

Maisaulieu dese rendre aux vœux des Français, Louis XVI se laissa guider par le comité Polignac, et entra imprudem-ment dans une série de mesures de rigueur qui devaient ame-ner la ruine de la monarchie. D’abord il nomma Loménie deBrienne , déjà président du conseil des finances, son prin-cipal ministre; ensuite il manda le parlement à Versailles,pour assister à un lit de justice. La cour avait l’espoir d’inti-mider les conseillers par le spectacle de la majesté royale etpar un déploiement inusité de troupes. Cette fois encore lessacrilèges espérances du comité Polignac furent déçues. Lesmagistrats, qui se sentaient appuyés par la France entière,ne donnèrent aucune marque de frayeur; ils écoutèrent lediscours du roi au milieu d’un silence solennel; et quand samajesté eut fini de parler, le premier président prit la parole,protesta avec calme contre l’illégalité des formes despo-tiques , et annonça que le parlement refusait de donner sonadhésion à aucune des mesures qui lui avaient été présentées.