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HISTOIRE DES PAPES.
IXVIII. S.]
Louis XYI, sans tenir compte de cette protestation, passaoutre, et fit enregistrer, séance tenante, les différents éditsrepoussés par les magistrats.
Le lendemain, le parlement se réunit à Paris et déclaranulle et illégale la transcription faite sur ses registres. Samajesté, pour punir les conseillers de leur opposition, lesexila à Troyes , et prit la détermination de faire présenter lesédits par ses deux frères à la chambre des comptes et à lacour des aides, afin de se passer du concours du parlementet pour rendre les impôts exécutifs. Cette démarche n’eutpoint le résultat que le roi en attendait, et ne servit au con-traire qu’à empirer le mal, en mettant en relief le courage desmagistrats et la lâcheté des princes de sa maison. Monsei-gneur le comte d’Artois, en entrant à Paris , avait été ac-cueilli avec des huées et des sifflets, ce qui lui avait causéune grande terreur. Quand il fut arrivé aux abords du palaisde justice et qu’il crut n’avoir plus rien à craindre de la colèredu peuple, il donna ordre au chevalier de Crussol « de char-» ger la canaille. » Les soldats obéirent, mirent le sabre à lamain et chassèrent brutalement les citoyens devant eux;quelques femmes furent même blessées et foulées aux piedsdes chevaux.
Le prince entra radieux et triomphant dans la chambredes comptes ; mais à sa sortie sa forfanterie .disparut entière-ment : dans l’intervalle le peuple s’était armé de pierres etde bâtons, et paraissait disposé à lui faire un mauvais parti.Monseigneur le comte d’Artois, le digne rejeton de cettefamille des Bourbons, où la lâcheté est proverbiale, éprouvaun tel sentiment de frayeur à la \ue de la multitude armée,