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HISTOIRE DES PAPES.
[XVIII. S.]
disparaître pour faire place à un nouvel ordre de choses. Rienne pouvait plus retarder la marche des affaires ni compri-mer l’esprit révolutionnaire qui s’était emparé des masses.D’ailleurs le faible Louis XYI, gouverné par les misérablesqui formaient la société intime de Marie-Antoinette , et quicomposaient ce qu’on nommait le comité Polignac ou le co-mité autrichien, était tout à fait incapable de tenter le moin-dre effort pour sortir de la tutelle de la valetaille dorée quidirigeait le char de l’État, et pour entrer franchement dansle mouvement.
D’autre part, son attention se trouvait absorbée par lesaffaires politiques extérieures, qui venaient encore ajouterau péril dont était menacée la royauté. Le calme profonddont les deux hémisphères avaient joui depuis le traité deParis commençait à être vivement menacé par l’ambition dela Russie et par les intrigues de la cupide Angleterre. Denouvelles oscillations entre les puissances européennes an-nonçaient qu’il manquait une main assez vigoureuse pourmaintenir l’équilibre.
Frédéric II venait de mourir, laissant pour héritier autrône de Prusse un de ses neveux, qui passait à juste titrepour l’un des princes les plus extravagants du monde entier.Marie-Thérèse était morte, et l’empereur d’Autriche Jo-seph II , son fils, commençait à tourner ses regards versl’Orient, et annonçait l’intention de conquérir Constantinople .L’impératrice de Russie, Catherine II, quoique alliée à l’Au-triche , convoitait également cette riche proie, et semblaitn’attendre qu’une occasion pour s’élancer sur la Turquie .
Au milieu de tous ces conflits, l’Angleterre, fidèle à sa