IXVIIl.S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 183
politique machiavélique, poursuivait le but constant de sonambition, but qui est resté le même depuis des siècles, etqui suffit à lui seul pour faire prendre en haine par toutesles nations, non le peuple anglais , mais l’exécrable aristo-cratie qui le gouverne. Ce que voulaient les lords infâmesqui siégeaient à la chambre haute, et ce que veulent encoreaujourd’hui leurs descendants, c’est l’abaissement des autrespays, c’est la ruine des nations étrangères, c’est l’esclavagepour l’Irlande , c’est la misère, c’est la faim pour les malheu-reux ouvriers anglais , et tout cela afin de pouvoir démora-liser le pauvre, afin de pouvoir abrutir les hommes, et per-pétuer dans leur caste le monopole des richesses du mondeentier.
Pitt était alors le représentant de l’oligarchie anglaise , es-pèce d’hydre aux mille têtes que le peuple devra trancher unjour, s’il veut voir le terme de ses malheurs; cet hommed’état, que l’égoïsme aristocratique allait rendre un véritablefléau pour l’Europe , préludait aux crimes politiques quisouillèrent sa vie par de perfides manœuvres ; il suscitaitpartout des émeutes, des soulèvements, des révolutions ; nes’embarrassant ni de prodiguer l’or, ni de répandre le sang,se posant tour à tour comme le protecteur du despotisme etl’instigateur de l’anarchie; se déclarant tout à la fois et sui-vant les circonstances le défenseur de la superstition et lepropagateur ardent de la philosophie ; manquant aux devoirsde l'hospitalité, à ceux de l’amitié ; se faisant une loi de n’a-voir ni honneur, ni probité, ni conscience; calculant froide-ment ce que pouvait lui rapporter la chute d’un roi ou l’es-davage d’un peuple; accordant les mêmes récompenses pour