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HISTOIRE DES PAPES.

[XVIII. S.]

pier-rnonnaie d’un cours forcé. Ces deux opérations por-tèrent un coup mortel au crédit public. Des réclamationscontre les nouveaux édits furent faites par la noblesse elle-même, et surtout par les prêtres, qui se montrèrent les plusardents détracteurs de l’archevêque-ministre.

Loménie de Brienne ne put résister à cette explosion dehaines, et fut contraint de donner sa démission. Il se retira àRome , emportant avec lui pour plus de huit cent mille livresde bénéfices et de pensions. Ce prélat était rongé de dartresvives, de maladies vénériennes, et ne vivait que de laitage.

Marie-Antoinette , tout en subissant les lois de la nécessitéet en consentant à l’éloignement de monseigneur l’arche-vêque , chercha à adoucir sa disgrâce en lui faisant obtenirle chapeau de cardinal. Voici le billet qu’elle lui écrivait àcette occasion : « Je vois avec douleur le départ de monsei-» gneur l’archevêque de Sens. L’abbé de Vermont est chargé» de lui dire combien sa retraite m’affecte. Trop prudent» pour dévoiler bien des choses, monseigneur l’archevêque» se retirera sans doute avec celle discrétion qui accompagne» l’homme qui n’est pas disgracié et qui tient encore tant à» la faveur. » En effet, sa majesté conserva monsieur deBrienne, frère du prélat, au département de la guerre, donnaune place de dame d’honneur à sa nièce, et la coadjutoreriede Sens à son neveu.

Deux jours après, Lamoignon , le digne émule de l’arche-vêque , rendit les sceaux ; et immédiatement les parlements,qui vaquaient depuis cinq ans, rentrèrent en fonctions.

Le renvoi des deux ministres qui avaient suivi si fidèle-ment le machiavélisme de la reine fit éclater la joie dans la