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[XVIII.s.] CRIMES des ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 191

geoisie menaçait de lui faire un mauvais parti, il sévit contraintde laisser aller les choses. Les membres du parlement de Gre-noble se prononcèrent centre les ordonnances d’une manièreplps énergique encore ; et malgré un ordre d’exil lancé contreeux, ils refusèrent obstinément de quitter la salle des déli-bérations et ne cédèrent qu’à la force armée. A Bordeaux età Toulouse la même opposition se manifesta dans l’ordre dela magistrature.

Partout on couvrit d’opprobre les nonts de Rrienne, deLamoignon, et l’op voua à l’exécration publique le comted’Artojs, Marje-Antoinette et Louis XVI . Des libelles d'uneextrême violence, répandus à profusion dans les provinces,vjnrenf mettre en lumière les iniquités de la famille royaleet les turpitudes de Versailles .

Quant à la cour, elle continuait ses fêtes; Marie-Antoi-nette ne mettait aucun frein à ses prodigalités; les sommesqu’elle arrachait aux ministres ne suffisant plus au payementde ses dépenses, elle faisait souscrire à Louis XVI des bonsde caisse à valojr sur les recettes futures. Un tel systèmen’était rieq mPi n s que capable d’apaiser les esprits et de réparer }e désordre des finances. Cependant Brienne conti-nuait à leurrer le roi de fallacieuses promesses, et lui annon-çait comme imminente la fin de la crise. Pour arriver plusvite au résultat, l’inepte ministre imagina de publier deuxnouveaux édits, l’un qui autorisait le gouvernement à payeren papier les deux cinquièmes de toutes les rentes, soit per-pétuelles, soit viagères, au-dessus de douze cents livres;l’autre relatif à la caisse d’escompte, dont les valeurs étaientlq principale ressource du trésor, et qu’il transforma en pa-