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HISTOIRE DES PAPES.
[XVIII. S.]
dèrent de sang la rue Saint-Dominique et la rue Meslay.
Sur la dénonciation des assassinats commis par les soldats,le parlement manda à sa barre le chef du guet. Dubois n’osantparaître lui-même, envoya son major pour justifier sa conduiteet montrer qu’il n’avait agi que sur les ordres exprès du roi.
Mais ce n’était pas du spng seulement qu’il fallait à lacour; elle avait besoin d'or, elle en voulait à tout prix : etcomme elle avait acquis la preuve qu’aucun des partisans del’absolutisme n’était en état de trouver des ressources, ellese décida à rappeler Necker, le seul homme capable de relerver le crédit public. Lo banquier genevois consentit à repren-dre le poste périlleux de contrôleur général, sous la conditionque Louis XVI convoquerait l’assemblée des États-Généraux.Il n'y avait pas à balancer, le roi accepta, et publia une dé-claration qui en fixait l’ouverture au mois de janvier 1789.
Le crédit public parut renaître presque aussitôt; les capi-talistes se montrèrent dévoués à l’administrateur dont ilspréconisaient les principes, et qui leur donnait l’exemplede généreux sacrifices, en couvrant de ses propres fonds levide effrayant du trésor. Le peuple, qui regardait Necker enquelque sorte comme le gardien de ses intérêts, attendit sansimpatience la révocation des arrêts du conseil qui avaientexcité son indignation. La coijr elle-même, qui voyait l’a-bondance reparaître et le trésor se remplir, encensa le mi-nistre et lui prodigua les plus basses adulations. La monar-chie pouvait encore être sauvée ; mais les misérables con-seillers de la reine, les Polignac et les membres du comitéautrichien, qui dirigeaient si fatalement les affaires de laFrance depuis le commencement du règne, vinrent appor-