[XVIII, s.] GRIMES DES ROIS, bfcs REINES ét des EMPEREURS. 195
tfer de nouvelles entraves à l’exécution des sages projets deIVeckfer-, et se préparèrent à annihiler l’action des États-Gé-néraux par tous les moyens imaginables. D’abord on Cher-cha à égarer l’opinion publique en excitant une polémiqueentre les différents corps du royaunve et les sociétés savan-tes ; ensuite on demanda aux uns et aux autres des mémoiressur le meilleur mode de composition d’uhe assemblée, dansl’espéir que la divergence d’opinion ferait haître des dis-putes. L’espoir de la reine et de ses Confidents fut entière-ment déçu; leurs manœuvres n’aboutirent qu’à faire écloredes ouvrages démocratiques) parmi lesquels se distinguèrentceux de Mirabeau, de Turgot, de Thouret ; le Catéchisme duTiers-état, par Antonnelle ; le Moniteur, journal périodiqueattribué à Condorcet, à Brissot et à Glavière.
Une foule de clubs politiques s’ouvrirent en même temps àParis et dans les provinces, et partout on discuta sur la tenuede la grande assemblée nationale.
Marie-Antoinette , les princes et les courtisans voulaientque les États-Généraux fussent distribués en trois ordres, leclergé, la noblesse et le tiers-état; que les représentants deces différentes catégories fussent élus en nombre égal par lesbailliages; que lés trois ordres Votassent séparément et pro-duisissent trois votes collectifs. Necker, qui reconnaissaitcombien un tel mode de délibération était favorable à l’ac-tion du despotisme et contraire à l’intérêt national, se pro-nonça pour un système opposé, et demanda qu’ôn opinâtpar tête dans les États, et qu’on donnât une doublé repré-sentation au tiers-. La cour, n’osant pas se mettre en oppo*-siùon ouverte avee le ministre, convoqua les notables pour