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HISTOIRE DES PAPES.
[XVIII. S.]
La population qui encombrait les Tuileries s’échappa aus-sitôt et courut dans tout Paris en appelant aux armes. Onsonna le tocsin, on enfonça les boutiques d’armuriers, onforça les portes de l’hôtel de ville; puis les citoyens, réunisaux gardes-françaises qui s’étaient échappés de leurs ca-sernes, marchèrent sur un détachement de Royal-Allemandqui stationnait devant l’hôtel de Montmorency, sur le bou-levard. Celui-ci, après avoir essuyé une décharge qui lui tuaquelques hommes, se replia sur le gros des troupes réuniesà la place Louis XV. Le peuple se prépara aussitôt à atta-quer la place; mais le baron de Bezenval et le prince deLambesc trouvèrent plus prudent de céder le terrain.
Dans le même temps, les barrières de Paris étaient atta-quées par les ouvriers et incendiées ; de sorte que la ca-pitale était comme entourée d’un cercle de feu qui ressortaitsur le crépuscule qui commençait à paraître. La nuit quisuccéda à cette journée fut encore plus agitée ; les rues furentconstamment sillonnées par des patrouilles bourgeoises, pardes détachements de soldats du guet, de gardes-françaises.De temps en temps on poussait des cris d’alarme et ontirait des coups de fusil qui se mêlaient au bruit du tocsinet glaçaient les cœurs d’épouvante. L’incendie des bar-rières continuait à éclairer l’horizon de lueurs sinistres.Cependant, au milieu du désordre même , un pouvoir nou-veau s’établissait. Les électeurs de la ville s’étaient consti-tués en corps municipal, avaient fait ouvrir les magasinsd’armes qui se trouvaient à la commune, et avaient décrétéP organisation d’une milice parisienne sous le nom de gardenationale, composée de seize légions, sous les ordres d’un