[XVIII.S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 221
Vendôme. Là, il rencontra un escadron de dragons nui iecontraignit à rebrousser chemin et à laisser au pouvoir de latroupe le buste de Necker, qui avait été brisé dans le tu-multe, le cadavre d’un garde-française sans armes qu’unofficier avait transpercé d’un coup de sabre, et plusieurspersonnes gravement blessées.
Vers le soir, dans le jardin des Tuileries , de nouveauxattroupements se formèrent, en grande partie composés defemmes et d’enfants qui revenaient des Champs-Élvsées.Néanmoins le baron de Bezenval, commandant la force ar-mée, qui faisait achever un mouvement de concentration detroupes sur la place Louis XV, eut fantaisie de repoussertout ce peuple, suivant l’excuse qu’il donna de son atroceconduite devant le Châtelet, et commanda au prince de Lam-besc de charger à la tête de ses dragons. Ce jeune homme,l’un des amants de la reine, était cité pour ses mœurs féroceset dissolues; charmé d’avoir l’occasion de faire preuve debravoure sur des gens désarmés, il s’avança fièrement à latête du régiment de Royal-Allemand, que Marie-Antoinette appelait son invincible, il traversa au galop la foule quiremplissait les allées du jardin ; et pour animer ses sbires,il sabra une malheureuse femme, un vieillard et de jeunesenfants.
De toutes parts on cria « au meurtre ! » Au Jieu de fuir, 1epeuple forma une barricade, lança sur les soldats, ou plutôtsur les assassins, des pierres, des chaises et tout ce qui tom-bait sous la main. Inquiet, tremblant sur le succès de sacriminelle agression, le prince de Lambesc s’empressa deformer ses troupes en bataille et de se replier sur la place,x. 29