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HISTOIRE DES PAPES.

[XVIII. S.]

courir les bruits qui avaient transpiré sur les projets dela cour; savoir, que dans la nuit du 14 au 15 juillet on devaitprocéder à l’arrestation des membres les plus influents del’Assemblée nationale, ainsi qu’à celle d’un grand nombredes électeurs de Paris , et de tous les citoyens qui avaientmarqué par leur patriotisme; qu’ensuite on devait l'aire en-tourer la capitale par des lignes militaires, bloquer les bar-rières et mettre la ville sous le coup des batteries de Mont-martre , de Passy, et sous le feu de la Bastille. Cette décou-verte, que ne justifiaient que trop les divers renseignementsobtenus dans les journées précédentes sur la conspirationdu comité Polignac, portèrent l’exaspération du peuple àson comble. On fit circuler une liste de proscription où l’onpromettait des récompenses à ceux qui apporteraient lestêtes du comte d’Artois, du prince de Condé, du maréchalde Broglie, du baron de Bezenval, de Berlhier, du baronde Breteuil, de Foulon, du prince de Lambesc et de plusieursautres amants ou sicaires de Marie-Antoinette . On s’occupasurtout au Palais-Royal des moyens de se procurer des ar-mes. Les ouvriers en fer furent employés à forger des piques,et eu trente-six heures en fabriquèrent cinquante mille.

Un nouveau renfort vint au peuple : la cour, ne pouvantcompter sur la fidélité des troupes qui étaient à Paris , avaitfait parvenir au colonel des gardes-françaises l’ordre d’éva-cuer la capitale et de se rendre à Saint-Denis . Les soldatsrefusèrent d’obéir; les sous-officiers se joignirent à eux, etvinrent se mettre à la disposition de la commune. La villeacquit ainsi un régiment de trois mille hommes, des artil-leurs et des canons.