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(XVIII.S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 22!)

vainqueurs, furent tués sur la place; le major de Losmesubit le même sort; l’infâme de Launay lut traîné à la Grèveet décapité en vue de 'l’hôtel de ville ; sa tête fut placée aubout d’une pique. On trouva dans sa poche un billet signéFlesselles, qui contenait ces mots : « J’amuse les Parisiens» avec des cocardes et des promesses; tenez bon jusqu’au» soir, l’armée est en marche, et vous aurez du renfort. »

Cette lettre fut sur-le-champ portée à la Commune et lueau comité des électeurs assemblés en permanence. À celtelecture, le prévôt des marchands, interdit et tremblant, putà peine balbutier quelques mots pour sa défense : « Sortez,» monsieur de Flesselles, cria l’un des membres du comité;» vous êtes un traître ; vous avez trahi la nation, la nation» vous abandonne. » A l’instant même ce misérable fut saisipar un robuste ouvrier, et entraîné hors de la salle : on leconduisait à une lanterne pour le pendre, lorsqu’il fut tuéd’un coup de pistoïet.

La nuit qui suivit cette mémorable journée fut extrême-ment agitée; c’était celle indiquée pour l’exécution du com-plot de la cour; mais la prise de la Bastille avait singulière-ment changé l’état des choses. Tous ces courtisans, qui, laveille encore, appelaient la grande insurrection nationale uneémeute de brigands salariés, maintenant, consternes, anéan-tis, osaient à peine envisager l’abîme ouvert sous leurs pas.Marie-Antoinette , cette femme si audacieuse dans le succès,commençait à comprendre dans quel péril l’avaient jetée sesiâches complaisants, et se trouvait sans force pour conjurerle danger. De tous ces plats valets quelle avait élevés aupouvoir, de tous ces ducs, de tous ces princes quelle avaitx. 30