228 HISTOIRE DES PAPES. [XVIII. S,]
mandant des fusils ; alors de Launay commanda de releverla herse et de faire feu sur ces infortunés.
Au bruit de la fusillade de l’intérieur, le peuple devinaqu’on assassinait ses parlementaires ; un immense cri s’é-chappa de toutes les poitrines à la fois: « Vengeance! » etl’attaque de la Bastille commença. Trois fois les assaillantsse ruèrent sous le feu terrible que vomissaient les tours dela forteresse, et trois fois ils furent contraints de battre enretraite, laissant un grand nombre de morts et de blesséssur la place; enfin, après cinq heures de combat, ils par-vinrent à établir en face du pont-levis une batterie composéed’un mortier, de deux pièces de quatre et du canon d’ar-gent enlevé au garde-meubles.
La garnison pensa alors à se rendre et cessa de tirer. Unofiîcier suisse appela à travers un créneau et tendit un billet.Une planche fut jetée en travers du fossé; un huissiernommé Maillard s’élança sur ce pont vacillant et dangereux,prit l’écrit et le porta au commandant Hullin; celui-ci lut àhaute voix : « Nous avons vingt milliers de poudre, disaient» les assiégés; nous ferons sauter tout le quartier si vous«n’acceptez la capitulation, avec garantie de la vie sauve» pour toute la garnison. — Foi d’officier, dit Hullin, nous» l’acceptons. — Et nous, nous la refusons ! crièrent mille» voix parmi les assaillants; vengeance, vengeance pour nos» frères traîtreusement assassinés! » Malgré celte protesta-tion, les ponts s’abaissèrent, et le peuple se précipita dansla Bastille. En un instant la foule remplit la double enceinteet les huit tours; les assiégés furent faits prisonniers; deuxofficiers et quelques invalides ,• qui tiraient encore sur les